Beemoov, société spécialisée dans la création de jeux virtuels, a été créée en 2006 par Jean-Philippe Tessier et Benoit Guihard. Après avoir acheté et vendu quelques jeux, la société a décidé de créer elle-même ses propres jeux à l'instar de Ma Bimbo qui a fait connaître Beemoov. Le jeu virtuel qui permet d'habiller une "bimbo" comptera bientôt 9 millions d'utilisateurs.
Jean-Philippe Tessier, co-fondateur de la société, revient sur ce succès et explique notamment les démarches pour construire un jeu virtuel chez Beemoov.
EntrepreNantes : Bonjour Jean-Philippe, merci de nous recevoir dans vos nouveaux bureaux, peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?
J'ai 27 ans depuis peu, j'ai fait une licence en informatique et je n'ai pas eu le temps de travailler que j'ai directement créé Beemoov avec Benoit guillard, mon associé.
EntrepreNantes : Qu'est-ce que Beemoov ?
Beemoov aujourd'hui, c'est une entreprise d'édition et de création de jeux virtuels sur internet.
EntrepreNantes : Comment as-tu eu l'idée de créer des jeux virtuels sur Internet ?
On va dire que l'idée nous amusait depuis longtemps de créer des petits jeux. Nous avons donc fait plein de petits jeux, au début, on en a acheté, on en a vendu. Au début, nous ne faisions pas cela sous forme d'entreprise, on faisait ça en paralèlle de nos études. Dès que nous avons fini nos études, nous avons voulu faire ça vraiment à plein temps et commencer à créer des jeux de toutes pièces.
EntrepreNantes : Vous proposez quelles sortes de jeux ?
Aujourd'hui, nous sommes plutôt axés sur des jeux pour un public féminin, à travers des jeux de mode comme Ma Bimbo, de jeux de drague comme Amour Sucré, ou de jeux d'élevage comme Cro Mimi, jeu de petits hamsters que l'on va pouvoir élever.
EntrepreNantes : Donc plutôt des filles mais de tous les âges ?
De tous les âges, ça veut dire que l'on va avoir un public très très large de 10 à 30 ans pour le coeur de cible.
EntrepreNantes : Nous allons parler un peu de Ma Bimbo, le jeu qui vous a fait connaître...
C'était le premier jeu créé de toutes pièces car auparavant nous n'avions fait qu'acheter ou vendre. Là, c'était vraiment le premier que l'on a fait. Nous l'avins créé en 2006, en l'espace d'environ trois mois et aujourd'hui il arrive à 9 millions (8,8 millions plus précisément) d'inscrits. Nous sommes très contents. Nous avons dépassé il y a très peu de temps la barre des 150 000 fans sur Facebook.
EntrepreNantes : Comment avez-vous fait connaître le jeu Ma Bimbo ?
Aujourd'hui, nous ne pourrions pas le refaire exactement de la même manière. A l'époque, c'était vraiment un buzz car il y avait le mot "bimbo" qui était péjoratif, très accrocheur et en fait le jeu est parti directement en buzz et tout le monde en a parlé très rapidement. Le premier week end où nous avons ouvert, nous nous sommes retrouvés tout de suite avec 2000 voire 3000 inscrits. Ce n'était pas du tout prévu, nous voulions juste avoir une centaine d'utilisateurs pour pouvoir tester et débugger le jeu. Dès le début, on s'est retrouvés complètement débordés par la situation, et c'est parti comme ça, très très vite.
EntrepreNantes : Vous allez développer des applications iPad et iPhone ?
Elles sont en cours de développement mais cela va arriver cette année. Nous travaillons sur la mobilité pour tous nos jeux pour offrir à nos utilisateurs des supports iPhone et iPad.
EntrepreNantes : Comment se fabrique un jeu vidéo chez vous et combien de temps cela prend-t-il ?
Un jeu peut être très long à développer, il faut compter de 6 mois à 1 an. On commence vraiment par la partie Gamedesign, c'est écrire le jeu de A à Z, tout penser. Après, on passe à la phase de développement, donc développement du code source, développement de tout l'aspect technique. Il y a aussi le développement du texte, du scenario, des illustrations, des animations, de la musique, de tout.
EntrepreNantes : Quel est votre business model ?
On fonctionne avec des jeux qui sont gratuits mais avec des options d'achat payantes, ce que l'on appelle le modèle Freemium : gratuit, avec une partie payante.
EntrepreNantes : Qu'est-ce qui est payant dans les jeux ?
Chaque jeu va avoir son propre modèle économique vraiment à lui, mais en général nous allons essayer de vendre de la monnaie virtuelle.
EntrepreNantes : Peux-tu me dire comment est composée l'équipe de Beemoov ?
On va dire que nous avons 3 illustratrices. Nous avons beaucoup de développeurs, voire même principalement des développeurs, cela peut être des développeurs flash, php, ou plus côté client. Chaque développeur a un peu sa spécialité. Puis, il y a Sylvain, Benoit et moi pour tout ce qui est relatif au marketing.
EntrepreNantes : Des besoins particuliers en financement, en recrutement ?
Aujourd'hui, en terme de financement, nous n'avons pas de problème car nous avons été rentables quasiment depuis le début donc nous nous autofinançons entièrement, à 100%. Aujourd'hui, on est plus dans une logique de recrutement, nous cherchons 2 développeurs web, un pour travailler sur Amour Sucré et l'autre sur Cro Mimi et Secteur 18, un jeu de pompiers.
EntrepreNantes : Vous êtes désormais dans le centre de Nantes, vous étiez situé à Bellevue auparavant, pense-tu qu'il y a des inconvénients au fait d'être basé à Nantes ?
Etre basé à Nantes, je pense que cela ne comporte pas d'inconvénients mais plutôt des avantages à tout point de vue. Quand on se compare à des entreprises un peu similaires à la nôtre qui sont sur Paris, elles n'ont pas du tout les même coûts, cela coûte beaucoup plus cher au niveau de l'immobilier pour les locaux, tout ce qui est développeurs, niveau de vie coûtent beaucoup plus chers également. Pour ce qui ets des salariés, il y a un turn over qui est beaucoup plus important à Paris, ça n'arrête pas de bouger donc au niveau de l'organisation, c'es beaucoup plus compliqué. Après c'est vrai qu'à Nantes, on ne travaille pas comme à Paris où c'est beaucoup plus speed, beaucoup plus intense, les gens vont travailler beaucoup plus longtemps et avoir des journées beaucoup plus lourdes, alors qu'à Nantes nous sommes un petit peu plus tranquilles. C'est aussi plus agréable.
EntrepreNantes : Quels sont les atouts de Nantes pour un entrepreneur comme toi ?
Je dirais qu'il n'y a pas forcément énormément d'atouts. Il y a des avantages par rapport à Paris que je viens de citer. Nantes est une ville très culturelle, très dynamique, très créative en général quand on voit tout ce qui se fait par exemple sur l'île de Nantes. Cela nous correspond vraiment pas mal car nous sommes des créatifs purs, on ne fait que de la création, le jour, la nuit, tout le temps toute la semaine.