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oct
05
2011

iRéalité : Codes 2D et réalité augmentée

Cellule de compétences rattachée à l'Université de Nantes, iRéalité a été créée en 2007. Elle propose l'utilisation de Codes 2D aux entreprises et développe la réalité augmentée dans les applications mobiles.

Rencontre avec Franckie Trichet, fondateur et enseignant-chercheur au sein de l'Université de Nantes. 

Enseignant-chercheur à l'Université de Nantes, Franckie Trichet a fondé iRéalité en 2007. Cellule de compétences dans les nouvelles technologies et plus précisément les codes 2D (ou codes QR), la réalité augmentée et l'analyse des réseaux sociaux, iRéalité est rattachée à Capacité SAS, filiale de l'Université de Nantes. 

L'entreprise a notamment développé Tagdevin, permettant l'apposition de codes QR sur les bouteilles de vin qui "font parler les bouteilles". Par ailleurs, elle met en place de l'immersion paysagère pour enrichir le tourisme grâce à ces codes QR et à la réalité augmentée. 

Franckie Trichet nous explique les applications possibles des codes QR et l'avenir de cette technologie, les possibilités offertes par la réalité augmentée et les freins à son développement. 

EntrepreNantes : Bonjour Franckie, pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours ? 

Je suis enseignant-chercheur à l'Université de Nantes. Enseignant-chercheur, cela veut dire que j'ai une double mission : je fais de la recherche dans le laboratoire d'informatique de Nantes Atlantique, un laboratoire spécialisé dans les différentes disciplines, en particulier dans la discipline de l'ingénierie des connaissances et de la fouille de données. Je suis également enseignant, je suis responsable du Master Logistique Internationale. 

EntrepreNantes : Qu'est-ce que qu'iRéalité ? 

iRéalité, c'est une des trois missions qui m'incombent. Il s'agit d'une cellule de compétences qui est affiliée à l'Université de Nantes, en particulier à la filiale dédiée au transfert de technologies et valorisation de la recherche qui s'appelle Capacités SAS. iRéalité ets une petite entreprise au sein de l'Université qui fait de la valorisation de transferts technologiques sur mes domaines de prédilection en recherche. 

EntrepreNantes : Comment avez-vous eu l'idée de créer iRéalité au sein de l'Université de Nantes ? 

En fait, c'est un concours de circonstances. Suite à l'autonomie des Universités, il y a une vraie volonté politique de faire en sorte de faire de la valorisation et de transferts de technologies, non pas uniquement avec des grandes entreprises mais aussi d'amener la recherche au sein des petites et moyennes entreprises, et de créer de la valeur économique. Il s'avère que depuis un an et demi, il y a eu cette dynamique d'enclenchée au sein de l'Université, et je faisais partie des chercheurs dans lesquels il y avait une activité de recherche, le potentiel pour faire de la vraie valorisation, développer des vrais services à valeur ajoutée. Et il y avait aussi l'envie personnelle de pouvoir aller justement plus loin, sortir un peu des laboratoires et aller jusqu'à construire, déployer des solutions clé en mains pour les entreprises et pour le citoyen. 

EntrepreNantes : Vous manipulez les codes 2D... 

Effectivement, le spectre d'activité d'iRéalité, de cette cellule de compétences, est l'innovation mobile :  tout ce qui est applications mobiles innovantes donc nous sommes vraiment dans les codes barre 2D, la réalité augmentée, la reconnaissance sonore et il y a aussi tout un pan consacré à l'analyse des réseaux sociaux. Dans cette cellule de compétences, on essaie de mixer à la fois les outils mobiles, innovation mobile, et aussi l'analyse des réseaux sociaux pour faire en sorte de fédérer et avoir des observatoires pour créer de la valeur au sein des communautés de pratique, d'intérêt sur un territoire. 

Les codes barre 2D s'inscrivent dans cette cellule de compétences. En quelques mots, ce sont ces petits pictogrammes appelés souvent QR Code (c'est la norme internationale pour Quick Response Code). Le domaine d'application des QR Code est large, nous avons beaucoup de partenaires, nous avons été les premiers en France à faire Tag2vin, nos faisons parler les bouteilles de vin. Nous avons également sorti FloréTag, une encyclopédie florale réalisée avec des collègues botanistes de l'Université de Nantes. Nous avons aussi beaucoup de partenaires dans le tourisme, on fait des circuits de valorisation des territoires sur du tourisme authentique. L'idée est d'utiliser les nouvelles technologies en contraste, on fait parler les gens puisque ce sont eux qui nous font découvrir leur pays sur des petites séquences vidéos. Nous allons chercher de l'authenticité dans les propos , de façon à ce que cela soit les gens du pays qui valorisent leurs patrimoines (industriel, touristique, culturel, artistique). Nous allons contaminer l'environnement par ces QR Codes que l'on met in situ sur des bâtiments, des circuits paysagés. Et les gens peuvent flasher et obtenir tout un tas d'informations. 

EntrepreNantes : Quels sont les usages à venir des codes 2D selon vous ? 

Les codes 2D sont de plus en plus utilisés massivement partout. On est vraiment en immersion paysagère dans le tourisme et sur la presse. Cela fait deux ans que je prône cette approche, au début nous étions un peu pris pour des extraterrestres. Au Japon, cela fait 5 ans que cela existe, on en voit vraiment partout sur différents types de supports avec différentes finalités en terme de services. Encore une fois, c'est de la technologie donc cela reste transitoire et dans quatre ans peut-être que les codes 2D ne seront plus là.

J'aime bien cette technologie car elle est simple à mettre en place, c'est peu coûteux et c'est surtout incitatif visuellement parlant. C'est à dire que l'on parle beaucoup des technologies sans fil, etc. et moi j'aime bien le QR Code parce que les gens prennent l'habitude de voir le QR Code et se disent qu'ils ont une information à aller chercher. Cela incite visuellement à aller chercher de l'information et ce n'est surtout pas intrusif. 

Je pense que cela a un bel avenir. On en voit de plus en plus en terme de domaine d'applications mais par contre il faut penser contenu. C'est à dire qu'avec les gens, les partenaires avec lesquels nous travaillons, nous sommes vraiment dans la logique que le QR Code est une technologie, on peut faire du design pour avoir une approche marketing, une identité visuelle (on peut faire de l'utile et du beau), mais il faut aussi penser contenu avant tout. C'est à dire que le contenu, il ne faut pas que l'ont utilise le QR Code, comme souvent à l'heure actuelle, pour se doter d'une image de modernité car si les utilisateurs flashent, ils vont être frustrés de trouver une pâle copie du site web ou du site web mobile, et il n'y a pas eu, à mon avis, assez de réflexions pour penser mobile. Le contenu doit être pensé mobile. Nous refusons certains projets qui veulent travailler avec nous parce que, malheureusement, pour nous le contenu n'est pas assez affûté et nous ne sommes pas une agence web, nous sommes dans l'innovation à la fois en matière de technologies, mais aussi en termes de services et d'usages. J'essaie de pousser l'originalité et l'innovation dans le contenu à chaque fois avec nos partenaires durables. 

EntrepreNantes : La réalité augmentée est également une de vos activités...

Le deuxième pan est effectivement la réalité augmentée. L'objectif en deux mots est de pouvoir plonger l'utilisateur en immersion en utilisant son smartphone. Il voit la réalité au même titre que quand il voudrait prendre une photo. Et dans cet univers là qui est réél, nous allons ajouter des éléments contextuels qui, eux, sont virtuels mais qui sont toujours en rapport avec l'environnement, l'écosystème visuel dans lequel l'évolue. 

L'objectif encore une fois n'est pas de faire de la réalité augmentée pour faire de la réalité augmentée. Il faut penser contenu et avoir une valeur ajoutée pour l'utilisateur final, qui lui est dans un contexte d'immersion paysagère, urbaine, et qui souhaite avoir de l'information. Je prends un exemple concret : une route des vins. A l'heure actuelle dans les routes des vins, vous avez une carte, une carte 2D, et même avec une carte Google Maps, vous n'avez pas cette immersion paysagère qui va vous permettre d'apprécier les collines, les vallons. Souvent, on est perdu et l'intérêt de la réalité augmentée c'est d'être en plein milieu d'un vignoble, de voir les routes vallonées, d'avoir des petites fenêtres qui vont vous dire par exemple "ce vignoble est en biodynamie, il a produit tant d'hectares, que la cave que l'on voit au fond est celle de Monsieur X, etc.". On est vraiment dans une logique immersion paysagère, valeur ajoutée pour l'utilisateur final. Pour moi la réalité augmentée il faut la penser comme cela, et pas uniquement comme un nouveau gadget pour faire de la mousse de communication. 

EntrepreNantes : Pensez-vous qu'il y ait des handicaps à son développement ? 

Un des premiers handicaps c'est le coût. Cela dépend des projets. Concernant les projets qui sont en réalité augmentée géolocalisation, nous ne sommes pas sur des sommes très élevées. Les autres projets qui sont vraiment dans une logique de reconstitution par exemple de bâtiments, c'est à dire que l'on va faire en sorte d'avoir de la modélisation 3D à réaliser, là effectivement cela coûte encore un peu cher. 

Tous les projets que l'on voit en France et même à l'international à ce niveau là sont des projets qui sont portés par de grandes entreprises donc ce n'est pas très populaire. La logique de la cellule de compétences est aussi de faire en sorte de rendre les technologies populaires. On laisse aux autres les gros marchés. Nous avons une mission avec l'Université qui est de populariser les technologies. 

Ensuite, il y a encore une fois les applications, qui doivent être pour moi à finalité valeur ajoutée pour l'utilisateur. On voit notamment beaucoup de choses dans l'univers du jeu par exemple. Il y a tout de même encore beaucoup de gadgets en terme de finalités applicatives. Mais c'est grâce à cela que les gens s'initient. Je pense par exemple au jeu Chocapic qui a été un des premiers en France à montrer la réalité augmentée. C'est très bien car cela fait bien comprendre ce qu'est la réalité augmentée. cela peut même projeter les utilisateurs sur les limites de la réalité augmentée en terme de perceptions et d'impacts psychologiques chez les enfants. La finalité pour le citoyen lambda, pour moi, c'est tout de même du jeu et du gadget.

Pour moi les freins sont donc le coût et le développement d'applications "gadgets/joujoux" qui pourraient fraire croire aux gens que la réalité augmentée n'est qu'un gadget. 

EntrepreNantes : Quels sont vos clients ? 

Ils sont multiples. Nous avons de l'institutionnel, par exemple dans le tourisme. Nous travaillons beaucoup avec les communes et offices de tourisme. Nous travaillons également avec des éditeurs, éditeurs TV comme France 3, et éditeurs presse. Dans le milieu du vin, nous travaillons avec les vignerons de la région. Nous travaillons avec les fleuristes également. Nous sommes vraiment sur une palette large, on peut travailler avec des groupes un peu plus gros mais aussi avec des tout petits acteurs.  Valoriser un vigneron et mettre les nouvelles technologies à son service est quelque chose que j'aime bien.

EntrepreNantes : Comment est composée l'équipe d'iRéalité ? 

iRéalité, c'est une équipe de 4 personnes avec un responsable innovation, un responsable développement informatique qui est au coeur du système, une Community Manager et Relations Presse car nous avons beaucoup de partenaires. Nous restons vraiment dans l'innovation, nous ne commercialisons pas grand chose mais nous nous appuyons sur tout un réseau de partenaires qui sont des groupes connus dans leur secteur et qui font la commercialisation. Nous avons également des agents commerciaux donc nous avons vraiment besoin de quelqu'un qui centralise toutes ces relations, nous avons donc une attachée de presse en local. Ensuite, en terme de production, je travaille beaucoup avec des étudiants qui sont en insertion professionnelle proche. Je prends donc beaucoup de stagiaires en fin d'études en stage long. Les étudiants sont de plus en plus intéressés pour venir travailler dans ce secteur et ce n'est pas forcément des étudiants de Nantes. Cette frontière analyse des réseaux sociaux, réalité augmentée et QR Code intéresse beaucoup les jeunes diplômes car ils savent très bien que ce sont des marchés d'avenir. 

EntrepreNantes : Quels sont les avantages de Nantes selon vous dans ce domaine ? 

L'avantage de Nantes c'est qu'à l'Université, nous essayons vraiment de porter des projets innovants. Nous avons cette dynamique. Nous ne sommes pas forcément très bien positionnés en France puisqu'il y a d'autres groupes qui développent cela. En analyse des réseaux sociaux nous sommes très bien placés (Nantes, Rennes, le grand Ouest) et d'un point de vue universitaire, nous sommes quasiment les leaders. D'autant plus avec le Labex (laboratoire d'excellence) qui vient d'être decerné sur le grand Ouest. 

Mais pour tout ce qui est innovation mobile, je trouve que Nantes n'a pas assez de force et qu'il n'y a pas assez de convergences de certaines entreprises pour essayer de faire un poids un peu plus fort. Mais cela ne me dérange pas de ne pas avoir suffisamment de visibilité sur de grandes applications best sellers si elles ne viennent pas forcément de Nantes. 

iRéalité

Représentant : Francky Trichet
Nom de l'entreprise : iRéalité
Forme sociale : Capacités SAS
Capital :
Siège social : CIL Chemin de la Censive du Tertre - BP 81227 44312 Nantes cedex 03
Tèlèphone : 02.40.14.11.49
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