Le magazine des entreprises du web à Nantes
Vous êtes ici :
Entreprenantes
>
Magazine
sept
14
2012

Nantes a bien songé à vendre ses données publiques et fait un premier bilan de l'Open Data

Au début de l'année 2011, Nantes affirmait ne réfléchir à rendre ses données publiques payantes que pour ceux qui en tireraient des revenus. Une interview dans Les Inrocks de Jean-Pierre Bailly, Directeur général des ressources numériques de Nantes, montre que certains managers de la ville militaient pour les rendre payantes. L'article montre également que le bilan de cette ouverture est, aux yeux de la collectivité locale, mitigé.

En février 2011, un débat alimentait les jeunes colonnes d'EntrepreNantes. A l'époque, l'ouverture des données publiques venait d'être annoncée par Jean-Marc Ayrault lors de l'inauguration de la Cantine Numérique. Seulement, la position de la ville sur le coût lié à l'utilisation des données n'était pas tranchée.

LiberTIC, l'association qui a milité pour leur ouverture, avait alors publié un plaidoyer pour la gratuité d'accès et d'utilisation des données que nous avions résumé. Il répondait notamment aux explications de Frédéric Vasse (alors conseiller de Jean-Marc Ayrault) qui disait, dans la Gazette des Communes, qu'une réflexion était en cours sur la possibilité de faire payer ceux qui généreraient des revenus de la réutilisation des données.

Jean-Pierre Bailly, le Directeur général des ressources numériques de Nantes, en dit plus dans le numéro des Inrockuptibles spécial Nantes que l'on peut actuellement trouver en kiosque. Il explique en effet qu'une partie des managers de la ville militaient pour que l'accès à ses données soit payant. Pour eux, "il fallait absolument valoriser cette richesse".

Mais il affirme également que la gratuité des données fut la "première décision" prise dans ce dossier. "Elle était logique par rapport à la philosophie de l'ouverture des données publiques, aux enjeux de gouvernance politique qu'on veut changer" ajoute-t-il. 

Jean-Pierre Bailly profite aussi de cette interview pour tirer un premier bilan de l'Open Data nantais et de l'appel à projets "Rendez-moi la ville plus facile". Pour lui, "ce serait ridicule de dire que le grand public s'intéresse à l'open data. En revanche, un certain nombre de communautés militent pour. Et nous, politiquement, on a répondu positivement."

Pourtant, la volonté de toucher le plus grand nombre était clairement affichée. Ainsi, dans l'appel à projet, plusieurs dotations étaient réservées à des dossiers portés par des citoyens ou ayant recueilli leur vote. De même, des sessions d'information et d'initiation ont été organisées pour sensibiliser les non-techniciens à cette problématique. Nantes est donc passé à côté de l'un de ses objectifs.

De plus, il ajoute que "le modèle économique [de l'Open Data] n'est pas encore mature". Là aussi, c'était l'un des axes forts de l'ouverture des données, Jean-Marc Ayrault ayant même déclaré que "l'objectif de la démarche [était] à la fois de développer le tissu économique local et d'améliorer les services rendus aux usagers". 

Le bilan de l'ouverture nantaise des données est donc mitigé, surtout si l'on ajoute à ces déclarations les problèmes qu'ont connu les développeurs ayant voulu travailler sur les données transport de la Tan. Espérons que la suite, et l'ouverture des prochains jeux de données, aura un impact plus important et se fera dans de meilleures conditions. 

EntrepreNantes est votre magazine en ligne dédié aux nombreux entrepreneurs du web de la région nantaise.

Edité par PressTIC, le créateur nantais du site Numerama.com (2 millions de visiteurs uniques par mois en 2010, source AT Internet), Entreprenantes vous propose de découvrir les entreprises et les entrepreneurs qui font le web et les nouvelles technologies à Nantes. (En savoir plus)